Dominant ces moucherons sur ces plaines enneigés, je me rends compte de la situation... Je suis moi-même un membre de cette race inférieure.... à l'unique différence que j'en suis leur chef. Cette différence qui me fait devenir plus cruel que mes compagnons, je suis mauvais, je suis un démon. Il est peu être paradoxal de nommer ce lieu " les plaines enneigés " alors que, ce jour même, cette neige est devenue écarlate.... Nous avons remporté le combat... Mais à quel prix ? Nous n'avons fait que tuer, exterminer des âmes... Nous ne méritons pas la victoire, celle-ci n'en est pas une... ce n'est qu'une fin sanglante, je ne considère pas ceci comme une victoire. J'ai jeté la chose qui n'a fait que ôter des vies aujourd'hui, cette chose qui règne désormais dans ce mélange de neige, de terre, de sang.... cette chose dont la lame ensanglantée n'est d'aucune utilité, cette chose que je ne fais que haïr. La haine.... Ce sentiment qui me ronge, ce sentiment que j'éprouve contre une seule et unique personne : Moi. Ce n'est pas les cadavres qui, auparavant en vie, m'ont menacé de leurs armes que hais. Ce n'est que ma personne, ma personne démoniaque, cruelle, superflue, je suis inutile à ce monde, je n'ai fait que tuer. J'ai obéit à ces ordres que mes supérieurs m'ont administrés .... je sais ce que je dois faire.... Je fouille dans ce mélange répugnant que ma main à contribué à former afin d'en sortir la chose qui m'a servit à annéantir ces êtres : mon arme. Le liquide vermeil dont elle s'est emparé coule encore le long de sa lame diabolique.... je tremble, mes yeux ne cesse de mirer cette effroyable chose, une goutte de sueur roule le long de ma tempe, je déglutit péniblement, tombe à genoux puis, résolut, je place la pointe de la lame sous ma gorge.... Je ferme les paupières, respire profondément, pense à la famille que j'ai fondé, je commence à regretter mon choix... de la même façon qu'il me regretteront sans doute, mais il n'y a aucune raison de le faire... Je suis déjà mort, même si mon corps peut bouger... Bientôt je serais totalement mort, mon âme s'échappera de mon corps.... Une larme coule le long de ma joue, je pousse légèrement l'arme qui s'enfonce dans ma chair, j'ai une peur bleue de cette mort que j'ai offerte à mes opposants.... Je dois le faire, il est temps de mourir... Soudain, un moucheron dont je suis le chef s'approche, je l'entend mais n'ose le regarder, je suis faible, je ne veux pas qu'il est une telle image de son général... Pourtant c'est le cas. Il l'est également... cependant il agrippe la lame de sa main gantée, je l'observe... C'est un jeune homme qui n'a sans doute pas atteint la majorité, dans quel monde est-on ? Il ne tente pas de me dominer, il veut m'aider. je lache mon arme - qu'il jette un mètre plus loin- puis fond en larme.... je baisse à nouveau les yeux, je ne veux pas qu'un de mes soldats me voit dans un tel état. Les gouttes roulent sur mes joues avant de tomber puis de s'écraser dans la neige, je les envies tant.... Le jeune homme s'agenoue auprès de moi, pose une main sur mon dos, essaye de me réconforter. Je continue de pleurer, je ne peut pas m'arreter, je ne veux pas m'arreter. Je prononce faiblement ces quelques mots :
- Me permettras-tu de mettre un terme à ma vie ?
Il secoue la tête, d'un air grave, puis le débit de mes larmes augmente, je gémit. Personne ne devrais se contraindre à tuer, je ne mourrais donc pas aujourd'hui sur ces plaines écarlates mais je rentrerais le coeur lourd avant de mettre un terme à mon rang militaire. Je serais blâmé par mes supérieurs mais qu'importe....